Métamorphoses

Echo et Narcisse, III, 339-510.
Echo était une nymphe bavarde ; aussi, lorsque Jupiter s’attardait auprès des autres nymphes, allait-elle au devant de Junon, partie à la recherche de son époux volage, pour la retarder en lui racontant des histoires.
Junon comprit son stratagème et la punit en lui interdisant d’être la première à prendre la parole : elle ne pourrait que répéter les dernières syllabes prononcées par son interlocuteur.
Or Echo aperçut un jour Narcisse et tomba amoureuse de lui. Mais elle ne pouvait ni prendre l’initiative de lui déclarer son amour, ni espérer que le jeune homme s’intéresserait à elle, car il n’avait jamais répondu à l’amour que les autres, filles ou garçons, lui portaient. Elle essaya pourtant de l’aborder : il prit la fuite. Alors, désespérée de devoir aimer sans être aimée, elle se laissa dépérir au point qu’il ne resta d’elle que ses os, qui se transformèrent en pierre, et sa voix, qui nous parvient encore...
Un de ceux que Narcisse avait repoussés demanda aux dieux que le mépris du jeune homme soit puni, et il obtint satisfaction. Ainsi s'accomplissait la prophétie jadis délivrée par le devin Tirésias.
En effet, alors que Narcisse allait se rafraîchir à une source, il découvrit à la surface de l’eau l’image d’un beau jeune homme et s’en éprit, sans savoir qu’il était amoureux de lui-même. Quand il le comprend enfin, désespéré de ne pouvoir assouvir son amour, il se laisse à son tour dépérir. Et lorsqu’il poussa un dernier « Hélas ! », Echo reprit  « Hélas ! ».
Quand on voulut incinérer Narcisse, on ne retrouva pas son corps : à sa place, une fleur avait poussé, aux pétales blancs et au cœur couleur safran…