Métamorphoses

Myrrha, X, 298-502.
Myrrha, la fille du roi d’Arabie Cyniras, dépérissait d’amour, d’un amour si coupable qu’elle n’osait pas en révéler l’objet. Elle tenta de se donner la mort, mais fut sauvée par sa nourrice, qui lui arracha son terrible secret : elle aimait son père.
Croyant faire le bonheur de Myrrha, la nourrice s’arrange pour qu’elle entre, à la faveur de l’obscurité, dans le lit du roi. Dès la première nuit, elle est enceinte.
Curieux de savoir quelle était cette jeune fille qui le rejoignait la nuit venue, Cyniras fait éclairer sa chambre. A la vue de sa fille, l’effroi le saisit. Il cherche à punir la coupable en la transperçant de son épée, mais Myrrha s’est enfuie.
Pendant neuf mois, elle cherche à se dérober à la justice des hommes. Epuisée par son errance et sa grossesse, elle finit par demander aux dieux de mettre un terme à ses maux en la métamorphosant. C’est ainsi qu’elle devint l’arbre à myrrhe, dont l’écorce laisse s’écouler des gouttes de résine parfumée, les larmes de Myrrha.
C’est ainsi qu’un arbre donna naissance à Adonis…